Ça y est ! Je viens de “dégoogliser” mon téléphone !

Ça faisait plusieurs années que j’entendais parler d’/e/OS, mais ce n’est que très récemment qu’un ami m’a présenté Murena : https://murena.com/
Une organisation qui vend des Fairphones s’appuyant sur un OS open source qui met l’accent sur la protection des données personnelles (/e/OS). C’est très réjouissant, car c’est une offre grand public qui s’appuie sur du matériel européen, avec des logiciels eux aussi européens, qui plus est Open Source.
J’étais à deux doigt d’investir, avant de me rappeler que j’étais un crevard. Un crevard qui trouve dans l’écologie la justification de toutes ses pringreries : « le bon déchet c’est celui qu’on ne produit pas ». Alors pourquoi consommer quand on a déjà quelque chose qui fonctionne ?
Je me suis donc dis que j’allais juste changer l’OS de mon téléphone actuel, un FairPhone 4 qui a l’âge de développer sa conscience morale : 5 ans. J’y suis parvenu, non sans un peu de douleur. Si tu veux savoir comment, je publierai bientôt un article dédié à la méthode. Ici, on va plutôt parler du pourquoi que du comment : Pourquoi je passe du temps à faire ça ? Car c’est la question que je me pose constamment et c’est celle qui caractérise les quarantenaires. On vient d’entamer la deuxième partie de notre vie, nos accomplissements se comptent sur les doigts d’une main lépreuse et on tend à se demander si on aurait pas pu faire meilleur usage de notre temps. Alors les décennies qui se dessinent risquent d’être celles des constantes remises en question, jusqu’à ce qu’on atteigne enfin l’âge tant attendu de la retraite et qu’on n’en ait plus rien à foutre de rien, si ce n’est des jeunes qui sont plus cons qu’avant. On passera alors nos journées à regarder les travaux dans la rue, les mains dans le dos, saisissant maintenant ce plaisir simple et universel qui fait des italiens des umarelli.
Mais revenons-en au pourquoi de mon action.
Cela fait quelques années, entre 5 et 10 ans, que j’ai entrepris l’éclatement de mes services numériques afin d’éviter de contribuer à une situation de monopole, délétère tant pour l’économie que pour les droits des êtres humains (source : amnesty international).
Quand j’ai entamé ce processus, on m’opposait souvent : « mais je ne vois pas pourquoi t’arrêtes d’utiliser leurs services, alors qu’ils rendent ta vie meilleure ? ». C’était peut-être vrai au début. Ces groupes, bénéficiant de financements publics massifs (source : actualitte) sont parvenus à innover pour rendre les outils web plus accessibles, afin que le plus grand nombre profite des technologies de l’information. Offrant des services gratuits aux particuliers, ces entreprises se sont rémunérées grâce aux traitements des données personnelles de ces derniers. Naît alors une économie de l’attention, un peu dans la lignée de celle de TF1 (cf. Patrick Le Lay), à part qu’à la différence de la télé, dans l’internet des plateformes, on connaît précisément notre audience. Les placements publicitaires deviennent ciblés. L’utilisateur profite des services, ce faisant on l’étudie, on l’analyse, pour lui proposer, au fil de la navigation des publicités adaptées à ses goûts et envies du moment. L’objectif est alors de rendre les personnes captives des services. Cette captivité n’est pas conçue pour rendre notre vie meilleure, elle est conçue pour rapporter plus d’argent aux entreprises qui développent ces services. C’est d’ailleurs pour ça que, depuis quelques années, ces mêmes entreprises ont entamé un processus de merdification de leurs offres. Elles dégradent volontairement la qualité de leurs services pour augmenter leurs revenus (cf. wikipedia). Je peux donc affirmer que, depuis le début de cette décennie au moins, elles dégradent volontairement nos vies. Elles sont même parfois condamnées pour cela (source : The Guardian). Les faits sont là.
Passé ce premier argument, il arrive aussi qu’on m’objecte : « Oui mais bon, j’ai la flemme de changer. Il va falloir que j’apprenne à utiliser de nouveaux outils. Je ne suis pas spécialiste, et changer mon écosystème numérique me demande un certain effort d’adaptation. J’ai quoi vraiment à y gagner ?
– Et bien tu permets à des services plus vertueux d’utiliser tes données pour se développer. C’est aussi c’est ça, une économie de la concurrence éthique. Et puis, ça ne te dérange pas qu’il y ait des méga-corporation, qui puissent avoir accès à absolument toutes tes données d’usage quand tu es devant un écran ? Et tu es plusieurs heures par jour sur tes écrans ! Elles savent tout !
– Mais on s’en fout, arrête d’être alarmiste. Et puis, tu sais, je n’ai rien à cacher, moi.
– OK mytho. Genre t’as jamais utilisé la navigation privée ? T’as jamais fait ça ?! Parce que si t’as fait ça, ça veut dire que t’as déjà des choses à cacher. Et quand bien même tu n’en aurais pas maintenant, ça ne veut pas dire que dans dix ans ce sera encore le cas. »
Je vais te faire part, à toi, d’une réalisation récente.
Donald Trump est un narcissique impliqué dans un réseaux de pédo-criminels. Ce n’est pas ça ma réalisation récente. Ça, c’est la mise en contexte.
Donc, Donald Trump a mis en place des camps de détention pour migrants aux États-Unis qui contreviennent aux droits humains (source : Reuters), et des civils furent abattu par ses nouvelles forces armées (source : The Guardian). Cependant, pour qu’on détourne le regard de ses affaires intérieures, il a lancé une nouvelle guerre au Moyen-Orient, accompagné d’un responsable étranger sous manda d’arrêt international par la Cours Pénale Internationale (cf. Site CPI), car actuellement en train de commettre un génocide. A l’échelle internationale, on est dans une situation de fiction dystopique, à l’échelle nationale, les américains le sont peut-être encore plus. Il faut savoir reconnaître les signes du fascisme : des rondes sont organisées pour capturer des supposés migrants ; l’histoire des musées est réécrite pour soutenir le narratif du pouvoir ; les services publics sont découpées à la tronçonneuse, stoppant net, « à l’américaine », toute subventions pour les associations d’aide à la personnes. Les personnes les plus précaires, celles qui vivent en marge du système, se retrouvent sans aucune aide ni ressource.
Et puis je te le répète : c’est un pédo ! Le président des États Unis est un pédo !
Et le pédo, il est porté par tout un écosystème composés d’oligarches à la tête de ces méga-corporations américaine oeuvrant dans le numérique : les GAFAM, qu’on devrait nommer GAMAM (Facebook est devenu Meta). Des gars qui savaient qu’il était pédo, mais qui viennent quand même le soutenir. C’est le cas d’Elon Musk – qui a d’ailleurs été refoulé de l’île d’Epstein, même s’il souhaitait ardemment s’y rendre.
Leur business à ses gars-là, aux géants du numérique, c’est le profilage. Et le profilage, ça sert la surveillance. Aujourd’hui, la police de Trump, bénéficie des services de certains de ces géants pour mener à bien les ordres d’arrestations. Bon, pour l’instant ils s’en prennent aux migrants, puis ce sera les opposants politiques, peut-être les trans, etc.
«Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. » (Martin Niemöller)
Mais on pourrait encore me répondre : « tout ça, ça reste loin de nous. Nous, on est tranquille en France à manger des saucisses végétales et de la purée. »
Pour l’instant, peut-être. Et c’est ça ma réalisation récente : Donald Trump, ça lui a pris deux mandats et quinze ans pour en arriver là où il est. Pour transformer la première puissance mondiale, celle qu’on érigeait comme modèle dans la culture populaire des années 90. En quinze ans, on est passé d’Obama à ça… Lors du premier mandat de Donald Trump, les dégâts furent plus contrôlés. Il n’avait pas les mains libres à cause du personnel institutionnel, ces hauts fonctionnaires qui survivent à l’alternance des présidents, ces généraux dont il s’était lui-même entourés et qu’on qualifiait « les adultes de la maison blanche ». Mais, dès le début de son second mandat, il s’est attaché à détruire les institutions qui auraient pu résister à ses projets, nommant comparses et complices à des postes clés pour s’assurer d’exercer sa délirante autorité.
Quinze ans…
Je ne serais même pas à la retraite. J’aimerais bien qu’on attende trente ans. Histoire que je sois parti me dorer la pilule dans un pays où ma pension me fera pacha. Genre la Thaïlande ou la Tunisie.
Il est important de comprendre que si l’extrême droite française arrive au pouvoir, le projet politique est le même. Cassage du service public, chasse de boucs-émissaires pour éviter qu’on regarde où part vraiment l’argent (dans les poches de Marine, tmtc). Peut-être qu’en un mandat, ils ne parviendraient pas à casser pleinement nos institutions. Il leur en faudra sûrement deux, entrecoupés par un mandat de l’opposition, comme aux États-Unis. Soit quinze ans.
Si un régime fasciste prenait le contrôle de la France alors, personnellement, j’aurais des choses à cacher. Car je suis plus anti-fasciste que fasciste. Je suis plus antiraciste que raciste. Je suis plus antisémite que… Blague !
Dans tous les cas, avec mon usage actuel des services numériques, dans des environnements tels que ceux proposés par les GAMAM, mes traces pourraient légalement être accessibles à l’État et elles pourraient m’être préjudiciables. J’ai donc décider d’emprunter la voie de la radicalité en termes de dé-gamamisation, parce que :
- J’ai des choses à me reprocher
- Je respecte le droit à la concurrence
- Je préfère soutenir des organisations qui ont vraiment à cœur la qualité des services.
Aller, bisous !